La Boutique aux miracles - Jorge Amado
 
La Boutique aux miracles est un roman de Jorge Amado, brésilien, auteur célèbre de livres excellents publiés dans les années 60 et 70.

L’histoire :

Pédro Archanjo est né mulâtre et pauvre dans la région de Bahia, au Brésil.
Il pratique le vaudou avec ses compatriotes, amis dans la vie et compagnons de rituels, les orishas du candomblé. Il est beau, il aime parler, il chante et danse comme un dieu, les femmes l’aiment.
Dans son esprit, depuis toujours, s’est forgée puis ancrée l’idée indestructible que les races humaines n’existent pas, qu’il n’existe que des hommes, et que de leur mélange sont nés d’autres hommes, souvent les plus beaux, d’âme et de corps.

Archanjo est musicien et capoïeriste et il a appris à lire seul. Il retrouve chaque jour son ami, Maître Liddio, Liddio Corro, le graveur de miracles, images saintes, hautement symboliques, d’où le nom de sa boutique : la Boutique aux miracles.
Les compères aiment rire et boire la cachaça. On n’est pas riche, mais on sait s’amuser et donner du cœur à la vie.

Le jeu du hasard et des rencontres amène Archanjo à la Faculté de Médecine de Bahia, où il exerce un temps l’honnête métier d’appariteur et où il côtoie les plus célèbres professeurs.

Plus tard, devenu l’auteur de trois livres, des essais novateurs et bouleversants d’intelligence sur la miscigénisation, autrement dit le mélange des hommes, Archanjo montre avec talent son génie visionnaire de sociologue et de poète. Il se fait des amis, mais aussi des ennemis acharnés, que Shango, haut personnage du panthéon vaudou, dont il est les yeux, réussit à mettre en déroute. Mais pour combien de temps ?

Le démon du nazisme gronde en Europe. Les grandes familles portugaises émigrées se font l’écho malsain des prétentions à une « race pure » ; certains prévoient déjà des formes de ségrégation à l’américaine, ou d’apartheid à l’africaine, en envoyant les « nègres » au fin fond de l’Amazonie.

Archanjo s’insurge, lutte et résiste, autant qu’il peut, fait jouer de ses influences gagnées au fil des années. Car Maître Archanjo est méconnu du vaste monde mais vénéré à Bahia. Il se retrouvera quand même en prison pour les mêmes raisons. Certains de ses amis seront massacrés. Il sera finalement libéré, et, après avoir tout perdu, il vivra dans le plus extrême dénuement, mais toujours joyeux, rebelle et digne.

Un matin à l’aube, après une nuit arrosée de cachaça, alors que son vieux cœur l’avait déjà alerté à plusieurs reprises, il s’écroula dans une ruelle du Pilori.

Ses livres devinrent célèbres, grâce à quelques sommités mondiales, qui en révélèrent l’éclat au grand public.
La venue d’un anthropologue américain à Bahia, à l’occasion du centenaire de la mort du plus noble de ses citoyens, ouvre les yeux du Brésil sur son histoire, sur sa mémoire, sur son métissage. Réveil d’un passé pas si lointain, qui n’est pas exactement du goût de tous.
Ces célébrations seront l’objet de bassesses et de mesquineries, de récupération indigne. Mais l’âme d’Archanjo est passée sur un air de samba et le beau danseur mulâtre en aurait souri et s’en serait moqué.

Jorge Amado a également écrit « Bahia de tous les Saints », un livre remarquable qui relate l’histoire d’un boxeur noir issu des quartiers pauvres, et « Mar Morto », une perle de la littérature latino-américaine, un chef d’œuvre du Brésil moderne et progressiste.

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